L’horizon infusé – VANESSA NOVO –

D’anciens schémas tombaient les uns après les autres, laissant esseulés certains esprits, élevant d’autres consciences.

« Se centrer et agir en fonction de ce qui vibre en notre fort intérieur. »

Avait-on réellement capté la profondeur du mantra ? N’était-ce pas devenu une sorte de pansement illusoire, de dragée anesthésiante, évitant une inexorable fuite en avant ? Avait-on intégré que le monde tel que nous l’avions connu faisait déjà partie d’un passé empreint d’asphyxie ?

La plupart de la masse espérait secrètement voire confiait en un avenir proche paradisiaque, plus de masque, plus d’atteinte à la liberté personnelle, plus de restriction au luxe et à la consommation, enfin un vaccin salvateur, un monde nouveau qui ferait son entrée triomphante, dans la douceur de la nuit et l’incandescence du matin.

Il suffisait d’y croire, d’espérer très fort qu’un renouveau se matérialise pour que la cosmogonie tant attendue opère sa magie naturelle; le mouvement des positifs anonymes et autres canaliseurs de message angéliques nous le martelaient suffisamment !

Pourtant, quelque chose en moi sonnait d’une toute autre couleur.

Ce matin-là une vibration s’empara de tout mon corps, un message d’évidence souhaitait descendre dans mes cellules avant même que mon mental ne le déchiffre. J’avais mal, mes lombaires me faisaient souffrir, le souvenir karmique d’autres douleurs intenses se faisait sentir et mon corps tout entier sonnait une alarme que je n’étais pas encore en mesure de déchiffrer et n’en ressentait d’ailleurs même pas le besoin.

J’optais pour l’accueil, l’observation de ce qui commençait à glisser dans mes tissus, la lecture de chaque miasme nettoyé, la libération de toute résistance transformée en légèreté.

Des espaces se créaient frénétiquement sans objectif apparent, dans une confiance des plus profondes. Je ne savais déceler pour quelle raison, pourquoi de cette manière et en même temps mon cœur savait que le rythme, la cadence et la profondeur importait moins, puisque tout était juste. Tout était juste.

Je souhaitais être dans la seconde présente, non plus dans le « moment présent » tant décrié, mais dans la seconde, afin d’entendre palpiter mon cœur et se dilater mon âme.

Le nettoyage avait commencé il y a plusieurs mois déjà, les résistances, les vieux schémas, tout ce qui constituait une structure et les peurs, oui les peurs, s’envoyaient valser les unes avec les autres. Une perte totale de repères, de stabilité, de structure s’infiltrait et colorait nos vies. Pas une once de projection n’était, ne serait-ce qu’envisageable.

La route.. juste la route.

Le chemin qui se fraie au contact de nos pas, de nos respirations, de nos pupilles dilatées, de la caresse de nos mouvements, de la vibration de notre âme.

Une lumière intense perçait un chemin, au-delà de tout ce que l’on aurait pu imaginer, dans la forme, dans la descente, dans la transformation et jusqu’à l’univers sacré de chacune de nos cellules.

En même temps qu’une brume intense et jaunâtre libérait ses grains de sable avec une intensité étouffante, le cyclone faisait émerger les moindres mensonges, les plus grandes supercheries, le chaos sibyllin dans un écho d’éclatements incisif et chirurgical.

Personne ne serait épargné.

Ceux qui portaient un espoir superficiel et égoïste quant à la descente martienne d’un nouveau monde était maculés de doutes de plus en plus persistants. Leur foi misée au mauvais endroit, leurs réflexions n’avaient pas été suffisamment profondes et sincères et leurs actions devenues stériles.

Un plâtre étouffant leur propre boussole, leur cœur tronqué d’illusions, un adultère mortel.

Une chape se posait sinueusement aux nuances nouvelles d’un cocktail soviético-communiste, un renversement des polarités, de l’est à l’ouest en passant par un totalitarisme étouffant.

Étouffant de par sa nouvelle texture, étouffant de par sa lenteur et langueur, étouffant parce qu’il s’agissait d’une glue s’infiltrant perversement et étant invisible pour la majorité des esprits.

Les prémices d’une hécatombe qui allait perdurer jusqu’à anéantir le moindre souvenir d’un Monde qui avait déjà brûlé ses racines.

L’usure d’une apocalypse molle dans ses débuts, obscure et mystérieuse dans le goût distillé et empreinte d’une lumière lancinante à son apogée.

Trouver son centre, s’aligner, y revenir autant que possible, accueillir ce qui nous traverse, apprendre de ce qui nous hérisse, nettoyer le corrosif, transformer le corps, laisser le cœur prendre le contrôle…

Des mots qui étaient devenus une litanie confondante. De la spiritualité de supermarché, jusqu’en leur sagesse et leur authenticité.

Si le corps vibre en même temps que le cœur se dilate et donne un autre message, la sagesse et l’authenticité voudraient qu’on le suive, qu’on l’écoute sans demander pourquoi. Parce que le cœur, sait.

Parce que le cœur n’a aucunement besoin de justifier une direction pour la distiller profondément, la faire émerger et se matérialiser.

Le cœur a besoin d’écoute, d’espace et de communier avec une foi profonde même lorsque la confiance n’est plus qu’intermittence.

Être avec authenticité, en son sein ; accompagner l’émergence d’un cœur et travailler à la création d’un espace dans le but de l’accueillir. Se transformer en soi, pour soi et afin d’incarner ce que l’on souhaite rayonner autour de nous. Créer cet espace en soi et plus grand que soi, pour s’y déployer et voir naître enfin le fruit de notre con-centration et de l’aspiration indéfectible de notre âme.

Tout est déjà là, à chacun de le dé-couvrir, de faire tomber ce voile qui nous éclipse.

Être et devenir.

Être sonne encore mieux.

Être.

Vanessa Novo

extrait du livre à paraître LES HAUTES LUMIÈRES — www.vanessanovo.com

lien de l’article: https://vanessanovo.medium.com/lhorizon-infus%C3%A9-7b7f8bed1f2e

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